Méthodes culturales

DES MÉTHODES CULTURALES EN ACCORD AVEC LA NATURE…

Avant de cultiver une plante, je cultive le sol, sa maison. C’est le sol qui donne à toute plante ce dont elle a besoin. C’est le sol qui transmet aux plantes ses matières nutritives. La nature de chaque sol influence directement la particularité des plantes qu’il reçoit. La nature de la roche-mère transmet au sol les oligoéléments et les minéraux qui constituent les qualités du terroir. C’est en spectateur humble de cette nature que je conduis ma culture, bien persuadé que rien jamais ne pourra la remplacer ni s’y substituer. La comprendre, c’est la vivre. Cette position va bien sûr à l’encontre de l’agriculture moderne et intensive qui vise le seul rendement en se substituant à la nature par le forçage excessif à l’engrais chimique, à renfort de pesticides n’ayant pour résultat final que la destruction du sol, de sa faune et de sa flore, sans compter les dégâts irréversibles causés aux nappes phréatiques qui avalent ces tonnes de caca ! Non, je ne me substitue pas à la nature. J’en fais partie. En bonne intelligence, je protège l’environnement, mon habitat. J’observe la nature, je la soigne en priant pour que le moindre geste que je m’autorise soit en accord avec son équilibre puissant mais précaire. Le sol étant sain, alors seulement, j’envisage d’y cultiver ce qu’il pourra me donner et c’est avec gratitude envers Terre Gaïa, notre mère à tous, que je récolterai le fruit de sa générosité.

En pratique, voici le paysage cultural de mes safranières : Nous sommes sur une terre d’arène granitique, de structure bien drainante. J’ai veillé à ce que mes parcelles n’aient reçus aucune culture depuis bien longtemps de manière à ne pas subir l’inconvénient des résidus de traitements chimiques. Le sol était donc sain d’entrée de jeu. C’est une terre de maquis et le terrain était en friche, parsemés de chênes verts, de cistes, d’ajoncs, de lavandins, de ronces et de genêts. Nous avons défriché en laissant toutefois ça et là quelques chênes verts en buissons, pourvoyant à cette terre sèche, un minimum d’humidité. Les principes d’agroforesterie parlent qu’il existe un échange entre les plantes cultivées et les racines des arbres que l’on laisse. Mes crocus semblent en effet apprécier leur présence.
En cette première année de culture, je décidai de ne rien apporter à cette terre vierge. Elle n’a pas été labourée en profondeur, laissant les couches épigées et endogées à leur place, leur population (faune et flore microscopiques) gardant ainsi leurs rôles majeurs dans l’équilibre argilo-humique du sol. Le sol défriché a juste été griffé au carré à vigne, en surface et nettoyé à la main ! La terre a été émiettée au motoculteur. Les sillons, creusés à la pelle à main, sont orientés dans le sens de la pente exposée au sud et la plantation s’est faite entièrement à la main.
Nous avons pratiqué des sillons en talus de +/- 15 à 20 cm de hauteur, d’un mètre de large, ramenant la terre arable des allées sur l’aire de culture, en laissant 80 cm entre chacun d’eux afin d’y circuler aisément lors de la cueillette. Les bulbes ont été plantés tous les 15 cm en quinconce afin qu’ils aient un maximum d’espace. Ils ont été plantés à une profondeur variant entre 20 et 25 cm. Nous pratiquerons la rotation de culture tous les 4 ans.
Les années prochaines, je veillerai à apporter du BRF (bois raméaux fragmentés), ce qui, à l’instar des sols forestiers, veillera à consolider cet équilibre et à créer de l’humus supplémentaire tout en veillant à l’équilibre du PH et en prévoyant le risque de certaines maladies cryptogamiques tout en limitant l’envahissement des planches de cultures par les adventices.
Considérant que rien ne se perd et que tout se transforme, les fleurs cueillies chaque année seront séchées et rendues au sol dès le mois de juin sous forme d’engrais naturel. Cela constitue une garantie pour le sol de retrouver les minéraux et oligoéléments que les crocus ont prélevés durant leur croissance précédente. En effet, c’est dans les fleurs de chaque plante que se concentrent la plus grande quantité de ces éléments.
Tout autre apport sera naturel comme les paillettes de cornes certifiées bio, le fumier de cheval bien décomposé, provenant d’éleveurs ayant le même respect de la nature.
Nous avons le projet d’ériger des haies coupe-vent.
Ces méthodes sont en accord avec l’agriculture biologique et nous garantissent la certification dont sommes l’objet (Ecocert). La récolte se fait entièrement à la main.